Transports, Infrastructures & Mobilité

Gouvernance


Transports intelligents : L’Etat mauvais pilote ?


Ce n’est pas parce qu’on gère le développement des transports intelligents qu’on le fait forcément intelligemment. C’est en substance le tacle adressé par la Cour des comptes à l’Etat qui mène des politiques « sectorisées souvent contradictoires ou mal coordonnées ». Avec le référé adressé en février 2016 au Premier ministre et rendu public en mai, l’organisme lui demande de nommer un chef de fil clair. Car actuellement, plusieurs ministères jouent dans leur coin : « celui chargé des transports se focalise sur les transports collectifs au détriment apparent de la route, celui chargé de l'industrie se préoccupe d'abord du développement de l'industrie automobile et du développement des technologies de l'information et de la communication, les services de la sécurité routière au ministère de l'intérieur se montrent, pour leur part, réservés vis-à-vis de ces développements, redoutant que les innovations technologiques n'accroissent le risque de distraction pour les conducteurs ». Et dans le même temps, déplorent les magistrats, l’Etat est « devenu progressivement un acteur parmi d'autres ; il est, par exemple, un opérateur très minoritaire de la route, face à quatre cents autorités organisatrices de transport sur le territoire, dont chacune développe son propre projet. » L’abandon du calculateur multimodal national, lancé en 2014 par le ministère des transports dans le cadre de la stratégie « Mobilité 2.0 », symbolise bien ses errements et son impuissance. Autre grief, la France devrait appuyer sur l’accélérateur pour combler son retard sur l’expérimentation des véhicules autonome. Les magistrats brocardent le projet national SCOOP@F5 qui « ne porte que sur la connexion des véhicules (entre véhicules et avec l'infrastructure) et ignore la question de leur autonomie. »

Ouverture des données, jusqu'où ?

Matignon dans sa réponse se défend de toute frilosité et indique que la loi de transition énergétique du 17 aout 2015 prévoit un cadre sécurisé pour l’expérimentation des véhicules connectés. Le Premier ministre invoque la nécessité de « réunir les acteurs pertinents » dans le domaine de la mobilité intelligente, l’un des principaux objectifs de la nouvelle initiative « Mobilité 3.0 », en cours de mise en place (voir I&M n°154, janvier 2016). La logistique intelligente et les « services de mobilité en zone à faible intensité » sont deux axes prioritaires. Quant à l’échec du projet de calculateur multimodal national, il s’explique par les difficultés de l’ouverture des données, vaste sujet, que le rapport Jutland de mars 2015 et la loi Macron d’août 2015 visent à faire évoluer.
M. F.


Véhicules Vedecom, programme européen Cities, à Issy-les-Moulineaux, congrès ATEC-ITS France 2016 (© MH).
Article paru dans I&M n°158 (mai 2016).


 
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Jérôme Bastin
Directeur Général, Conseil Régional de Bretagne

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