Transports, Infrastructures & Mobilité

Courrier des lecteurs


Ile-de-France


Je viens de lire avec beaucoup de retard le numéro de novembre-décembre 2019 de la revue Transports. Je l’ai bien apprécié. Le dossier consacré à la mobilité et aux transports franciliens est de grande qualité. Bravo ! 


Je souhaite ajouter trois remarques qui s’inscrivent complètement dans ce dossier. 


Tout d’abord, l’état des infrastructures ferroviaires et routières est médiocre ; il ne me semble pas s’améliorer et au contraire j’ai l’impression, en tant qu’usager qu’il continue à se dégrader. Bien sûr, la situation est très variable selon les exploitants et les parties de réseau. Dans le même ordre d’idée, les systèmes d’exploitation sont, en général, bien loin d’être performants. Le nombre d’incidents d’exploitation croît sur tous les réseaux. Il est évident que la régularité du service constitue un élément essentiel de la qualité de service qu’attendent les clients. Il reste beaucoup à faire, mais c’est une activité peu visible à court terme et donc «politiquement» peu vendable. C’est cependant essentiel et il conviendra de financer convenablement cette remise à niveau. 


Ensuite, contrairement à ce qui est officiellement prévu, il n’est pas efficace de mener tous les chantiers simultanément ; les moyens des entreprises de travaux ne peuvent guère se multiplier à l’infini. Il en résulte un étalement des travaux que l’on constate clairement. Je n’évoque pas les questions de financement qui sont parfaitement mentionnées dans l’interview de Laurent Probst en ce qui concerne les travaux. Le coût supplémentaire de l’exploitation des nouvelles lignes n’est pour le moment pas vraiment pris en compte. De mon point de vue, il faut oser définir de vraies priorités, ce qui est compliqué pour les structures de décision, conseil régional et conseils départementaux d’Ile de France. 


Enfin, le dossier insiste, à juste titre, sur la complémentarité à assurer entre transports locaux et régionaux. Cela veut dire réussir une bonne organisation spatiale autour des nouvelles gares pour que les correspondances soient aisées avec l’ensemble des transports locaux, transports collectifs, voiture et modes doux. Cela fait intervenir les communes et les intercommunalités. C’est certes du transport mais c’est également de l’urbanisme. L’on sait que plus le nombre d’intervenants est élevé, plus les décisions sont compliquées et longues à prendre. C’est cependant la condition pour que le nouveau réseau ferroviaire soit réellement efficace. Le passé montre, hélas, que les excellents résultats sont rares. Raison de plus pour en faire une priorité. 


Lorsqu’on veut, on le peut, il faut s’en donner les moyens et s’y attacher avec ténacité. Je souhaite que ces remarques y contribuent. 


Georges Dobias
M. Dobias a longtemps dirigé l’Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (Inrets) puis le Syndicat des transports parisiens (devenu plus tard Ile-de- France Mobilités). 


Réponse de la rédaction 


La rédaction remercie Georges Dobias pour son courrier élogieux sur le dossier de TI&M dans le précédent numéro, consacré aux enjeux de la mobilité en Ile-de-France. Concernant sa deuxième remarque, il nous semble que cela relève plus d’une question de programmation que de pilotage des travaux. Une fois prise la décision de confier le Grand Paris Express à une société de projet (la Société du Grand Paris, SGP) financée par l’ensemble des contribuables franciliens, il devenait impossible de ne pas avancer sur tous les fronts. 


Hervé Nadal, coordinateur du comité de rédaction (nadal.herve@orange.fr) 


 
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