Transports, Infrastructures & Mobilité

Stratégies


Le Brexit a joué en faveur de la LGV Londres-Birmingham, qui profite aux Français


C’est parti, malgré une facture qui explose. La préparation du  chantier de génie civil de High Speed 2 (HS2) est passée à la phase active, après que Boris Johnson ait donné son feu vert en février à la construction de la première phase de la ligne, entre Londres et Birmingham. Le premier ministre britannique a pris sa décision en dépit d’une facture considérable.



Ce tronçon de 215 km, dont 50 en souterrain et 16 en viaduc, devrait selon lui coûter entre « 40 et 50 Md€ », ce qui place le prix d’1 kilomètre de LGV à environ 200 M€. Le coût de la totalité de HS2 entre Londres et Leeds/Manchester est quant à lui évalué à plus de 117 Md€, soit 15 à 20 % de plus que la précédente estimation ! Ce dérapage a été établi par un rapport officiel commandé en août 2019 par le gouvernement pour éclairer sa décision. Londres a jugé que les avantages l’emportaient. L’infrastructure soutenue par les milieux d’affaires doit favoriser l’attractivité d’un Royaume-Uni désormais en concurrence avec l’Union européenne du fait du Brexit. Londres et Birmingham seront distantes de 45 minutes au lieu de 1H30. En outre, HS2 doit contribuer à ce que le Royaume-Uni atteigne la neutralité carbone en 2050. Et d’ici la mise en service du premier tronçon au mieux en 2031, ce chantier financé dans le cadre d’une politique de relance budgétaire va soutenir l’emploi avec plus de 10 000 postes créés. Le devis record s’explique par plusieurs éléments mal pris en compte jusqu’ici : le nombre record de tunnels, des cours d’eau à détourner et des terrains coûteux à acquérir, à Londres notamment.



Alors que le programme « grande vitesse » français se tarit, l’Angleterre apporte un débouché aux groupes hexagonaux ayant acquis l’expérience des LGV. Vinci et son associé à 50-50 Balfour Beaty ont ainsi décroché le 1er avril un contrat de 5,7 Md€ pour construire 90 km de lignes sur deux lots situés autour Birmingham avec 200 ouvrages d’art au programme. Début des travaux prévu cet été. Ce même groupement a obtenu en septembre 2019 de construire la gare Old Oak Common à Londres, Systra étant aussi de la partie. De son côté, Eiffage associé à deux autres partenaires a hérité d’un lot de 80 km de ligne pour 2,6 Md€. Quant à Bouygues, dans le cadre d’un consortium, il a débuté la préparation des travaux d’un tronçon de 21,6 km au nord-ouest de Londres (avec un viaduc de 3,4 kilomètres et deux tunnels de 15,7 km chacun (Chilterns Tunnels). Le marché s’élève à 1,8 Md€. Mais les Français ne raflent pas tout. A titre d’exemple, un consortium international, Kanska, Costain, Strabag va creuser des tunnels à l’approche du terminus londonien de la gare d’Euston pour 1,28 Md€.


Marc Fressoz



Photo : Ligne à grande vitesse «HS2» : la première phase du chantier. © HS2





 








 
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