Transports, Infrastructures & Mobilité

Libéralisation


Trafic ferroviaire de voyageurs : l’ART anticipe un retard de l’arrivée de la concurrence


La crise du Covid-19 et les grèves de fin 2019-début 2020 qui l’ont précédée « risquent de différer l’arrivée de nouveaux opérateurs dans le cadre de l’ouverture à la concurrence du transport de voyageurs ».



C’est la crainte exprimée par l’ART dans un « panorama du marché du transport ferroviaire 2019 », publié le 22 juillet. « La capacité des opérateurs à regagner leur clientèle dans un marché voyageurs indécis, et dans un contexte de récession économique pour le fret reste incertaine » analyse le régulateur. Les acteurs en place ressortent affaiblis économiquement, et cela pourrait inciter les nouveaux entrants à ne pas se risquer à se lancer en France (voir le dossier de TI&M n°521).
L’épidémie a cassé une dynamique positive. En 2019, la demande avait été marquée par une « forte progression », de 5 %. De son côté, l’offre proposée, en quasi totalité par l’opérateur historique (Thello occupe une part anecdotique) n’avait augmenté que de 1,2 %. Traduction : la SNCF a mieux rempli ses trains. Le taux d’occupation avait progressé de 1,4 %. Le « choc » du Covid est d’autant plus rude qu’en Europe, la France est le pays où le rail avait le mieux réussi à tirer son épingle du jeu dans le transport terrestre. Il détenait 10 % de part en 2017 contre 8,8 % en Grande-Bretagne, 8,7 % en Allemagne, 7 % en Suisse, 5,9 % en Italie. Apportant de l’eau au moulin de SNCF Voyageurs, l’ART souligne que les péages français sont les plus élevés d’Europe.
Au rayon du transport de marchandises, qui a mieux résisté au confinement, la tendance à l’optimisation était également de mise l’an passé. Le trafic avait baissé de 2 % en trains kilomètre en 2019 mais est resté « relativement stable en tonnes kilomètres » à près de 33 Md de TK. « Les opérateurs ont donc augmenté le tonnage moyen transporté par train » conclut le panorama. L’ART relativise l’idée reçue d’un déclin de la SNCF face aux nouveaux entrants. Dans un marché en baisse chronique, elle souligne la résilience du groupe public dont l’offre ne se limite pas à celle de l’historique Fret SNCF. Avec ses filiales (VFLI, VIIA, etc.), il assure « toujours près de 75 % du transport de fret ferroviaire ». Talon d’Achille habituel, le taux de régularité des convois a gagné deux points en 2019, à 85 %, si l’on compte à 30 minutes. Il a progressé durant le confinement en raison de l’absence de trafic voyageurs, preuve que les problèmes du fret sont en partie liés à des questions d’infrastructure et de priorité donnée aux voyageurs.



Autre enseignement de ce panorama, la tendance à un réseau à deux vitesses s’accentue. Le rajeunissement depuis 2015 du réseau ferré national se poursuit avec un âge ramené à 29 ans, fin 2019, contre 31. En revanche, sur 2 700 km de petites lignes (UIC 7 à 9 ) ouvertes aux seuls trains de fret, l’âge moyen des voies atteint 72 ans !



Marc Fressoz



Photo : TGV en gare de Saint-Brieuc ©Michel Hagège


 
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